mercredi 12 novembre 2025

BIENVENUE SUR MARLA'S MOVIES



DERNIERS ARTICLES


      

      


MEILLEURS FILMS DU MOMENT

 

    


JEUX-CONCOURS


     

mardi 28 mars 2017

LONDON HOUSE : LA MAIN SUR LE BERCEAU







Tout dans London House est pompé sur Rosemary's Baby de Polanski : le générique filmé de droite à gauche, dans un  travelling qui mène à la maison. La berceuse entêtante. Clémence Poésy pâlit comme Mia Farrow, fatiguée de sa grossesse.
 La voisine Theresa adopte même, au cœur du film, la coupe courte de Rosemary.


N'est pas Polanski qui veut


Oui, David Farr s'est bouffé Polanski, et ça se voit. Jusqu'aux fringues bourges façon sixties quand la trame est censée se dérouler de nos jours. Jusqu'à la photo, mi-Polanski, mi-Hitchcock. London House met aussi en scène un huis-clos pour deux couples, comme dans Carnage, du même Polanski.



Les deux couples dans Carnage, de Polanski (2011)
Les deux couples dans Carnage, de Polanski (2011)



Les deux couples dans London House, de David Farr (2016)

La scène du dîner est calquée sur ceux, gênants, de Rosemary avec ses voisins dans le film de 68. Le titre original de London House, The Ones Below (ceux du dessous) fait jeu de mots avec le peuple des enfers, quand Rosemary's Baby, déjà, parlait de voisins de palier envoyés par Satan.

Mais n'est pas Polanski qui veut. La réalisation de David Farr n'est pas mauvaise, mais quelque chose cloche : comme une fausseté dans le jeu des acteurs, un manque dans leur direction. Clémence Poésy a beau rappeler les héroïnes hitchcockiennes (avec une coiffure à la Grace Kelly, entre autres) la mise en scène ne la sublime pas comme l'aurait fait le maître britannique.




Clémence Poésy dans London House
Clémence Poésy dans London House

Les plans à la Hitchcock ne suffisent pas (remplacez le téléphone par le baby phone : bingo.) La tension est là, mais trop diffuse pour être efficace. La présence du chat, 
porte-malheur éternel au cinéma, s'avère également cliché. 


Un film peu abouti


Il y aurait tant à dire sur la trouille de devenir mère, la monstruosité de l'accouchement, le désir inassouvi de grossesse, le baby blues, différent pour chaque femme. Il existe autant de mères que de manières d'en parler. Piquer leur style à d'autres cinéastes ne vaut jamais grand-chose.

Le jeu de suspense sur la chambre du bébé est aussi pompé sur Le Secret derrière la porte, de Fritz Lang, qui remonte à 1948.





Un thriller qui tombe à plat (Attention Spoilers)


De nombreuses critiques ont salué le final de London House, et pourtant il est cousu de fil blanc. Le moment-clé où la voisine jette le bébé à l'eau est raté : on remarque qu'il n'y a point de bébé et que seul le tissu atterrit dans le fleuve (la Tamise, autre cliché).

London House, en somme, est un thriller parano qui tourne court et tombe à plat. Son scénario n'alimenterait pas un téléfilm de M6.

Si la série The Night Manager est prometteuse, David Farr fait des débuts timides au cinéma, et se contente de picorer chez d'autres grands cinéastes – Polanski et Hitchcock en tête – le style qu'il n'a pas encore.




Un avis, une réaction ? Dites-le en commentaire !


Ça peut vous plaire :



     


FANTASTIC BIRTHDAY : GRETA AU BOIS DORMANT






Pas facile de dire adieu à l'enfance.

Je me souviens d'une lycéenne qui m'avait confié, dans sa franche grande gueule, "Je déteste avoir 15 ans."

Moi "Ça craint toujours autant ?"

Elle : "Ouais."

Nous étions en 2004. Cette jeune fille a aujourd'hui près de deux fois quinze ans. En 2017, les cinéastes continuent de se triturer la tête pour nous expliquer à quel point c'est chiant d'être ado.




La fille "cool" et son fard à paupières dans Vice Versa, des studios Pixar (2015)
La fille "cool" et son fard à paupières dans Vice Versa, des studios Pixar (2015)

Fantastic Birthday, énième traduction douteuse de titre ("Girl Asleep" n'est pas d'une difficulté insurmontable) nous offre une nuit dans la vie d'une adolescente. 






La première scène cependant, se déroule de jour, et rappelle, dans son rouge et or, le rafraîchissant Juno, en moins solaire. 
Deux nerds du lycée font connaissance. Ils deviennent amis. Ils s'appellent Greta et Elliot.


Bethany Whitmore (Greta) et Harrison Feldman (Elliot) dans Fantastic Birdthday, de Rosemary Myers (2017)
Bethany Whitmore (Greta) et Harrison Feldman (Elliot) dans Fantastic Birdthday, de Rosemary Myers (2017)


  Paulie Bleeker (Michael Cera) dans Juno, de Jason Reitmann (2017)
Paulie Bleeker (Michael Cera) dans Juno, de Jason Reitmann (2017)


Les parents de Greta, plein d'ignorance et de bonnes intentions, veulent célébrer les 15 ans de leur fille en grandes pompes. Oui mais voilà, Greta n'a pas du tout envie d'avoir 15 ans.

Ah, 15 ans, l'âge chéri où des pestes vous humilient en public...







En cela, Fantastic Birthday évoque le nanar formidable Romy et Michelle 10 ans après : couleurs acidulées, penchant pour le kitsch et rêve éveillé.





Depuis La Belle au bois dormant, les conteurs nous décrivent le passage à l'âge de femme par un long sommeil, puis un réveil par le baiser du prince.






Greta, elle, s'éveille seule. La métaphore de l'adieu à l'enfance est charmante, et le tout est joliment montré.


Greta au pays des merveilles


Les créatures que Greta rencontre, c'est Le Labyrinthe de Pan en plus doux. Les références à Alice sont nombreuses, notamment les petits mots sous forme d'énigmes. 
La fuite dans la forêt est directement inspirée du conte, bien sûr, mais représente aussi le rêve selon Jung.

La réalisation de Rosemary Myers rend bien l'atmosphère du demi-cauchemar.

Le fantasme de Greta du petit-ami français rappelle le personnage de François dans Be Bad, où le Paulie Bleeker de Juno s'inventait un double séduisant qui maîtrisait la langue de Molière et séduisait sa belle.




Michael Cera et son double dans Be Bad de Miguel Arteta (2009)
Michael Cera et son double dans Be Bad de Miguel Arteta (2009)

La fin de Fantastic Birthday est touchante, et présente un adieu à l'enfance tout en poésie.



Entre Roald Dahl et Wes Anderson


Du point de vue esthétique, on s'approche de l'univers de Wes Anderson: plans fixes, légèrement en contre-plongée, acteurs décalés en mode Deschiens. 
Ces plans et personnages rappellent aussi les adaptations de Roald Dahl, Matilda en tête.




Pour les fans de séries, vous retrouverez un univers flirtant de Once Upon a Time.

Fantastic Birthday est le joli OVNI de la semaine, rien d'étonnant à ce qu'il soit proposé par le distributeur UFO, dont le nom signifie OVNI... C'est un plaisir de découvrir ce film en salle, voyage onirique sur les rivages de l'adolescence. 



Un avis, une réaction ? Dites-le en commentaire !




Ça peut vous plaire :






Légende

Chef d'oeuvre orange star.jpgorange star.jpgorange star.jpgorange star.jpg Très bon


orange star.jpg
orange star.jpgorange star.jpg Pas mal
orange star.jpgorange star.jpg Moyen

orange star.jpg Pas bon À hurler !