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jeudi 29 septembre 2016

LA DANSEUSE : IL SUFFIRA D'UN CYGNE





Je suis allée voir La Danseuse à l'UGC Normandie, qui jouxte le Lido.



Bel endroit pour découvrir le premier long-métrage de Stephanie di Giusto. Le Lido, lieu de danse et de lumière, est l'un des cabaret de référence avec le Moulin Rouge et les Folies Bergères, où Loïe Fuller s'est fait connaître.

La Danseuse : un Black Swan à la française ?


Sans Loïe Fuller, aurait-on pensé à associer lumières et danse, aurait-on associé à ce point la danse de cabaret à l'univers nocturne ? Loïe Fuller, c'est la Chanel du monde du spectacle. Ce bourreau de travail qui a révolutionné le cabaret méritait bien un biopic.


À regarder la bande-annonce, La Danseuse a tout d'un Black Swan à la française : deux danseuses, amies avant d'être rivales, s'affrontent pour un rôle à l'opéra. La blonde cendrée, Isadora (Lily-Rose Depp) semble le double maléfique de Loïe Fuller (Soko.)




Le duel - ou plutôt la dualité - Loïe Fuller / Isadora Duncan aurait pu donner lieu à une histoire pleine de tension et de suspense, ou alors au portrait d'une amitié mise à mal par la compétition, comme dans l'adaptation Nadia, qui contait le parcours de Nadia Comaneci, grande gymnaste roumaine, et de son amie et adversaire sur le podium, Teodora Ungureanu.

Nadia et Teodora dans le biopic de Nadia Comaneci sorti en 1984
Nadia et Teodora dans le biopic de Nadia Comaneci sorti en 1984


Or, cette rivalité arrive tard dans le film et, pour tout dire, tourne court. Isadora disparaît comme elle est venue. Les critiques encensent Lily-Rose Depp, certes fraîche et gracieuse, mais dont la prestation de vaut pas celle, puissante, de Soko.

C'est surtout l'histoire de Loïe Fuller, américaine de père français, que l'on suit pendant près de deux heures. Cette artiste chorégraphe sera l'une des premières à s'intéresser aux droits d'auteur pour un numéro de danse. Elle choisira Paris pour cette raison. 


Des numéros de danse magnifiques, mais...


Les numéros de danse mis en scène dans le film sont somptueux, et l'on admire le sens des couleurs et de la lumière de Loïe Fuller, devenus indispensables aux spectacles d'aujourd'hui. 

Loïe Fuller (Soko) dans son spectacle nocturne de danse et lumières
Loïe Fuller (Soko) dans son spectacle nocturne de danse et lumières

Seules ces scènes sont à la hauteur de Loïe Fuller, cygne blanc qui prenait les couleurs chatoyantes lors d'un spectacle de nuit.

Mais en-dehors de ces fulgurances visuelles, le film apparaît comme la sage adaptation d'un roman victorien : trop académique, et guindé. Ces défauts étaient ceux du Marguerite de Xavier Giannoli, mais l'interprétation comique de Catherine Frot réveillait l'ensemble. 

La Danseuse, hélas, dresse le tableau d'un Paris Belle-Époque sclérosé. Les personnages principaux (Loïe et le comte) sont malades, et leurs visages pâles et souffreteux ternissent le film. ce qui cloche dans La Danseuse, c'est la photographie. Quel dommage d'avoir un triste sens de la lumière pour le biopic d'une femme qui en fit son métier ! Benoît Debie, directeur de la photographie sur ce film, se montre très décevant. C'est d'autant plus rageant qu'il avait assuré la superbe photographie de Lost River. 


Des actrices lumineuses


Stéphanie di Giusti tenait un beau sujet de biopic, et des actrices lumineuses (n'oublions pas Mélanie Thierry.) Quant à Gaspard Ulliel, on le voit partout et ce n'est peut-être pas une bonne nouvelle.

On peut tout de même aller voir La Danseuse pour découvrir le destin de cette femme en avance sur son temps.


Et vous, que pensez-vous du film ? Dites-le en commentaire !


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mercredi 28 septembre 2016

MARION, 13 ANS POUR TOUJOURS : LES ANNÉES NOIRES



Marion (Luana Bajrami) dans Marion, 13 ans pour toujours




C'est la première fois que j'écris au sujet d'un téléfilm. Le témoignage diffusé hier soir sur France 3, Marion, 13 ans pour toujours, vaut la peine qu'on en parle, qu'on le diffuse et le commente. Vous pouvez le voir gratuitement et légalement en Replay sur le site de France 3.

Un téléfilm d'utilité publique


Il est parfois des programmes télévisés d'utilité publique. Marion, 13 ans pour toujours, est de ceux-là. Le harcèlement scolaire existe depuis que l'école existe. Il y a vingt ans, j'ai aussi entendu le mot "intello" qui résonnait comme une insulte, et des surnoms idiots. J'ai vu l'intérieur de mon sac aspergé de Tipp-Ex, et des injures sur mon agenda. C'était il y a 20 ans. Aujourd'hui encore, je nomme cette période mes années noires. Nul besoin de Facebook pour que le harcèlement fasse mal. 

Le cyber-harcèlement fait entrer le fléau scolaire dans une nouvelle dimension, celle du numérique. Google n'oublie jamais rien. Ce qui restait à une époque au sein d'un établissement, éventuellement entre une poignée de familles, se retrouve maintenant sur la toile, et y reste pour longtemps.


Harcèlement sur Internet / CyberBullying


La responsabilité de l'Education Nationale


Quand j'avais 14 ans, ma mère a essayé de voir la conseillère principale d'éducation au sujet d'un collégien qui me menait la vie dure. Réponse que m'a adressée la responsable scolaire : "C'est parce qu'il t'aime bien." On se demande ensuite pourquoi certaines femmes ont intégré que les hommes leur faisaient du mal par amour. Je n'en évoquerai pas les conséquences ici.

Oui, l'Education Nationale a la tête dans le sable concernant tout ce qui peut nuire à la réputation d'un établissement. 


La politique de l'autruche : quand l'éducation nationale a la tête dans le sable concernant le harcèlement scolaire


Ce collège bourgeois que j'ai fréquenté a, quelques années plus tard, étouffé une affaire de viol dans les toilettes.

Une fois que je suis devenue professeur, j'en ai vu de belles aussi. Quand une élève de troisième a fait une tentative de suicide dans les toilettes de l'établissement, nombre d'entre nous ont vu des surveillants porter le corps inanimé de la jeune fille à travers la cour.

Le proviseur avait alors expressément demandé à l'équipe enseignante en salle des profs de ne pas piper mot. Cette jeune fille et ses camarades auraient pourtant eu besoin d'une cellule psychologique.

Quand j'ai remarqué qu'une élève de 5ème était moquée par ses camarades et que je l'ai dit en conseil de classe, mes collègues reprochaient à la victime "d'être mal dans sa peau." À aucun moment les harceleuses n'ont été inquiétées.

Il est d'autres victimes, sans doute, que l'on ne remarque pas. Souvent accaparés par les plus agités, les professeurs ne repèrent pas forcément le mal-être chez une bonne élève du premier rang.

Pour le corps enseignant et les parents, comment différencier le malaise adolescent ordinaire d'un cas de violence ? Quant à la victime, il est très difficile, comme dans le monde du travail, de prouver un cas de harcèlement. 

Le harcèlement scolaire à la télévision et au cinéma


Pas facile de parler harcèlement scolaire dans une fiction. Il est encore moins évident d'évoquer le suicide des enfants et adolescents. C'est un autre téléfilm qui a traité ce thème en 1999. Il s'agissait d'un épisode de L'Instit, intitulé naïvement "Personne m'aime." Le jeune héros de l'épisode, Cédric, était lui aussi le souffre-douleur de ses camarades.

La scène la plus frappante de harcèlement au lycée est la scène d'ouverture de Carrie de Brian de Palma. Carrie, qui découvre ses premières règles dans les douches du lycée, est prise de panique car on ne l'a jamais informée sur le sujet. Des camarades lui balancent alors au visage des tampons trouvés dans les distributeurs. Stephen King dénonce, dans son roman, le fléau de ces adolescents dont la cruauté pousse parfois au crime.

Tommy Ross (William Katt) au premier plan, et Carrie (Sissy Spacek) prostrée au fond de la classe dans le film de de Palma (1976)
Tommy Ross (William Katt) au premier plan, et Carrie (Sissy Spacek) prostrée au fond de la classe dans le film de de Palma (1976)

Bienvenue dans l'âge ingrat est un film particulièrement bien vu sur le sujet.

Dawn Wiener (Heather Matarazzo) dans Bienvenue dans l'âge ingrat
Dawn Wiener (Heather Matarazzo) dans Bienvenue dans l'âge ingrat

Dans un registre plus léger, Lolita malgré moi se mettait du côté des geeks, des nerds et autres marginaux, pour dénoncer les pestes adolescentes qu'on a tous rencontrées. Le titre original Mean Girls (méchantes filles) annonçait la couleur (plutôt rose ou mauve, d'ailleurs.)

Affiche française de "Mean Girls," Lolita Malgré Moi (2003)
Affiche française de "Mean Girls," Lolita Malgré Moi (2003)

Toujours dans les couleurs acidulées, Romy et Michelle dix ans après met en scène deux femmes prenant leur revanche sur les garces qui ont gâché leurs années lycée.




Des solutions du côté britannique


J'ai enseigné pendant un an en Angleterre. Dans le collège-lycée, on voyait sur chaque porte des dessins d'élèves représentant le harcèlement scolaire. Des monstres poilus s'attaquaient aux faibles, des slogans prévenaient du risque du suicide en cas de violence scolaire.

Dessin sur le harcèlement scolaire

À quand des campagnes de sensibilisation en France, au même titre que les journées banalisées pour l'éducation sexuelle et la prévention Sida ?

Pour un début de réflexion, voici le documentaire diffusé par France 2, où témoigne justement la mère de Marion, Nora Fraisse.





Et vous, que pensez-vous du téléfilm ? Dites-le en commentaire !

Pour aller plus loin :

     


Légende

Chef d'oeuvre orange star.jpgorange star.jpgorange star.jpgorange star.jpg Très bon


orange star.jpg
orange star.jpgorange star.jpg Pas mal
orange star.jpgorange star.jpg Moyen

orange star.jpg Pas bon À hurler !