mardi 16 juin 2015

L'ÉVEIL D'EDOARDO: CECI N'EST PAS UN TEEN MOVIE







Par Jean-Michel



Jeudi dernier, je me suis rendu à une avant-première organisée par Epicentre Films. Si vous ne connaissez pas, voici quelques films récents du catalogue du distributeur:




La Duchesse de Varsovie, joli film façon Resnais.


Gerontophilia, film étonnant et délicat sur l'amour entre un adolescent et un vieil homme:




Epicentre Films indique sur son site: 

"Poussés par la curiosité, animés par une réelle ambition de contribuer à la diversité et à la richesse de l’offre cinématographique, nous cherchons à diffuser des films exigeants, engagés, venus de tous les horizons, et qui s’articulent bien souvent autour d’une thématique de la quête identitaire."

Le ton est donné.


L'été.

L'Italie.

Une petite ville côtière.

Pour le jeune Edoardo, 17 ans au compteur, le temps des premiers émois est venu.

Oui mais voilà, il craint beaucoup les relations amoureuses et le passage à l'acte car il a un secret...

Le spectateur prend connaissance du fameux secret dès la première scène.

Humour et impudeur


Edoardo aime secrètement sa voisine. Il branche les filles avec son meilleur ami, sans résultat. Il assiste à l’éclatement du couple  de ses parents. Il doit supporter sa petite sœur. Ajoutez à cela la découverte de son corps. Duccio Chiarini nous montre tout cela avec des plans très serrés, très intimes, presque impudiques.

Heureusement, le tout est agrémenté d'un certain humour pour dédramatiser certaines situations. Humour et impudeur s'allient sur l'affiche originale du film.


Pendant un peu moins d'une heure trente, on suit non sans plaisir la chronique d'un jeune homme, et de ceux qui gravitent autour de lui: son père, sa mère, sa sœur, son meilleur ami et sa fameuse voisine. Sans oublier le chien: Duccio Chiarini établit un certain parallèle entre l'adolescent et ce que vit son animal domestique.

Tous les personnages sont comme dans la vie... pleins de fêlures. C'est ce qui les rend attachants.

Sur un sujet casse gueule, le metteur en scène / scénariste propose un film sensible et maîtrisé.

Ne vous attendez pas à ça:



L'Eveil d'Edoardo est un film touchant, mais il laisse tout de même une sensation de déjà vu.

Si la simplicité de la mise en scène et le cheminement du récit sont plaisants, on peut préférer, dans le genre "quête identitaire," film allemand, cette fois: Oh Boy de Tom Schilling, sorti en 2012.


La sagesse de Duccio Chiarini



J'ai eu la chance d'assister à l'avant-première de L'Eveil d'Edoardo, où le metteur en scène italien est venu présenter le film. 

Oh, surprise, il n’est plus très jeune (et barbu) et parle très bien le français. L' interprète principal, Matteo Creatini, est à droite sur la photo:






Je sais, je ne serai jamais photographe.


Duccio Chiarini s'est très bien exprimé sur son film:

"La fragilité et les faiblesses du sexe masculin, trop souvent représentées selon des stéréotypes machistes. La problématique sexuelle, vécue par le personnage d’Edoardo, était pour moi un outil narratif pour raconter le passage de l’adolescence à l’âge adulte de façon plus intime et profonde."
On n'entend pas ça tous les jours.

Le fil conducteur est donc la problématique sexuelle du personnage principal. Dit comme ça, ça sonne un peu intello, mais le film est très accessible.



Les jeunes acteurs, non-professionnels jouent avec justesse. Un film plaisant, sans prétention et drôle. Il suffit d'entendre Edoardo réponde à sa sœur qui lui demande si elle est jolie: "T'es pas jolie, t'es conne."

Edoardo a des envies de liberté, de relations amoureuses et sexuelles… et cet été sera crucial.

Romantisme, passion et rêverie


Le festival de Cabourg vient de lui décerner le Grand Prix et le Prix de la jeunesse. Romantisme, passion, amour et rêverie sont au cœur du récit des films qui y sont présentés. Kévin Azaïs, pour son rôle dans Les Combattants, a aussi été récompensé.




On reconnaît, sur l'affiche du festival de Cabourg, le joli film brésilien Au Premier regard.

Le jury a donc été séduit par L'Eveil d'Edoardo, et Duccio Chiarini a l'air ravi:


D'accord, cette photo-là, c'est pas moi qui l'ai prise.

Si vous avez aimé Ma Première fois, romance adolescente de Marie-Castille Mention-Schaar, qu'elle a réalisée deux ans avant avant Les Héritiers, et si vous avez aimé Au premier regard, vous aimerez L'Eveil D'Edoardo.

Bonne séance !


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Légende

Chef d'oeuvre orange star.jpgorange star.jpgorange star.jpgorange star.jpg Très bon


orange star.jpg
orange star.jpgorange star.jpg Pas mal
orange star.jpgorange star.jpg Moyen

orange star.jpg Pas bon À hurler !