samedi 7 novembre 2015

NOUS TROIS OU RIEN: LA VIE EST BELLE





La première fois que j'ai entendu mon frère parler politique, j'avais 8 ans.

Quand il a évoqué le Chah d'Iran, je me suis imaginé un chat d'Iran. Un méchant chat qui régnait sur son peuple de souris, les mettait en prison, les torturait, les tuait au moindre geste, au moindre mot qui lui déplaisait.

J'ai demandé à mon frère:

« Comment un chat peut poser autant de problèmes sans que personne ne fasse rien ? »

Il m'a dit :

« Il y a beaucoup de méchants en politique, tu sais. Tous des chiens. »

Le même soir, ma mère a déclaré à table: Marla parle tellement bien qu'elle devrait faire de la politique.

J'ai tout fait pour devenir astronaute.

8 ans, c'était aussi l'âge de Marjane quand je l'ai découverte. Une petite fille qui me ressemblait un peu, avec son verbe haut et ses questions qui mettaient les adultes mal à l'aise.




Nous Trois ou rien, tout comme Persepolis, raconte la terreur du Chah, la révolution iranienne et la dictature qui suivit avec la République Islamique. Les deux films nous rappellent, avec humour, que de jour comme de nuit, tous les Chah sont gris.

Nous Trois ou rien me plaisait d'avance, avec son affiche qui évoque La Vie est Belle de Benigni.



Comme dans le film italien, un couple et leur enfant essaient de faire fuir l'horreur à coups de rires et d'amour.

Et puis j'ai un faible pour Leila Bekhti

Je ne connaissais pas Kheiron, acteur de la série Bref, mais c'est un cinéaste prometteur.


Hibat, Ghandi iranien


C'est Hibat qui se bat le mieux contre le Chah. Kheiron incarne son père en héros, Gandhi des années 70. Hibat refuse de manger un gâteau pour célébrer l'anniversaire du dictateur. Petite révolution dans la prison. Hibat et ses potes en ont pris pour 10 ans pour avoir rayé le visage du dictateur sur ses affiches de propagande.

Le montage de Nous Trois ou rien est un bijou d'humour, qui peut rappeler les films, à la fois engagés et tendres, de Michel Leclerc, comme Le Nom des gens.




Un merveilleux casting


On retrouve d'ailleurs Carole Franck dans les deux films. 

Nous Trois ou rien bénéficie d'un merveilleux casting: Gérard Darmon et Zabou Breitmann apportent une touche de causticité à l'ensemble.

D'accord, la deuxième partie, à Pierrefitte, donne une image presque idéalisée de la banlieue, et peut sembler manichéenne. Mais pourquoi pas ? On n'est pas obligé de noircir le tableau à la manière d'Audiard. Pourquoi ne pas montrer les belles choses et les belles personnes que l'on rencontre aussi dans les quartiers ?

Aux dernières images, le public applaudit.

Nous Trois ou rien, dans sa fougue, son élan, provoque chez les spectateurs des émotions trop rares au cinéma: l'espoir et les larmes de joie.

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