vendredi 30 décembre 2016

PASSENGERS, AVEC JENNIFER LAWRENCE ET CHRIS PRATT : RÉVEIL DIFFICILE






Nanar hilarant


Pour finir l'année 2016 en beauté, si on parlait d'un nanar hilarant ?

Tous mes potes blogueurs m'avaient prévenu : "c'est mauvais," "c'est ridicule," "passez votre chemin" et autres joyeusetés sur Passengers, nouveau film avec Jennifer Lawrence et Chris Pratt.

Alors je vous raconte : c'est l'histoire de Jim qui fait un voyage touristique dans l'espace. L'équipage en a pour 120 ans de voyage jusqu'à Homestead 2, leur destination. Autant dire qu'il vaut mieux hiberner en route.

Ours polaire en hibernation


Les 5000 personnes du vaisseau spatial géant, comme autant de belles au bois dormant, attendent le réveil du robot charmant, qui les accueillera dans leur nouvelle demeure.

Et là... c'est le drame : au bout de 30 ans seulement, l'un des voyageurs se réveille.


Chris Pratt dans Passengers, de Morten Tyldum
Chris Pratt dans Passengers, de Morten Tyldum

Et pas le plus finaud.

La bonne nouvelle, c'est que le vaisseau est empli de trucs fun pour jouer avec : jeux vidéo, terrain de basket (dans un vaisseau spatial, oui) et même un bar. 


Michael Sheen ?!


Et là, je me suis figée. S'agirait-il de Michael Sheen ? LE Michael Sheen ? Celui qui jouait Tony Blair dans The Queen et David Frost dans Frost/Nixon, l'acteur que je venais de voir dans l'excellent Nocturnal Animals ?


Arthur l'androïde barman (Michael Sheen) et Chris Pratt dans Passengers
Arthur l'androïde barman (Michael Sheen) et Chris Pratt dans Passengers

Bah oui, le même. Désemparée d'abord, je me suis souvenue que je l'avais aussi vu en méchant dans Twilight, ce qui m'avait valu un beau fou rire en salle. 


Oui, c'est bien Michael Sheen. Dans Twilight. Hum


Que voulez-vous, il faut bien payer ses impôts.

Dans Passengers, Michael Sheen incarne donc le barman. Il s'appelle Arthur. C'est un gentil androïde qui vous tient la conversation. Quand Jim découvre le bar, on remarque, avec la musique d'ascenseur en bruit de fond, une référence douteuse au Shining de Kubrick.


Jack Nicholson et Joe Turkel dans Shining, de Stanley Kubrick (1980)
Jack Nicholson et Joe Turkel dans Shining, de Stanley Kubrick (1980)

Et heureusement qu'il y a le barman, parce que sinon, le pauvre petit Chris Pratt se sentirait bien seul pendant les 90 années qui lui restent de voyage.


Rom-com intergalactique


Il finit d'ailleurs par se sentir très seul. Il se dit "Une meuf, ce serait bien." Tant qu'à réveiller une voyageuse, autant choisir la plus sexy.


Jennifer Lawrence (Aurora) dans Passengers
Jennifer Lawrence (Aurora) dans Passengers

Il condamne ainsi Aurora, "écrivain" en devenir, à passer le reste de sa vie avec lui, sans lui demander son opinion. Et ça, c'est pas bien.

Mais en attendant qu'elle découvre le pot aux roses, place à une amourette. Ah, j'ai oublié de vous dire : il y a aussi une piscine olympique, sur le vaisseau, et Jennifer Lawrence a pensé à son maillot de bain, blanc et transparent, de quoi réveiller le spectateur. Elle est restée en hibernation pendant 30 ans, mais elle a gardé un maquillage impeccable. Les deux tourtereaux ont même pensé à la tenue de basket.

Mais ce n'est pas tout. Il faut maintenant courtiser la donzelle. Ça tombe bien, on trouve aussi un restaurant français dans le vaisseau, avec des robots-serveurs qui parlent français et tout. 


Les tourtereaux intergalactiques
Les tourtereaux intergalactiques

Le restaurant est décoré de plusieurs lustres en cristal. Espérons que le vaisseau ne soit jamais frappé par une météorite... Aucune importance, le brushing de Jennifer Lawrence resterait impec.

Jim joue même au piano pour chanter la sérénade à sa nouvelle fiancée. Et ils vont au cinoche, avec du pop corn. D'où sort le pop corn ? Mystère. 

D'où sort la peinture pour donner un coup de jeune au robot parce qu'il s'en est pris plein la gueule ? 





Aucune idée. 


Publicité mensongère


On ne saura pas non plus, malgré la promesse de l'affiche et de son slogan - Ils ne se sont pas réveillés par hasard - pourquoi Chris Pratt a été réveillé. 



Publicité mensongère pour faire croire à un film à suspense dans l'espace, quand il ne s'agit que d'une rom-com douteuse. À moins que l'on interprète cette phrase d'accroche de façon mielleuse : c'est le destin qui a réuni Jim et Aurora. La classe.

Passengers m'a valu mon fou rire de l'année. Mieux que Dany Boon. Mieux que n'importe quelle comédie que j'ai vue cette année. Comme quoi, pour une belle tranche de rigolade, rien ne vaut un nanar qui s'ignore. Quand un film atteint comme ça des sommets d'absurde, ça déclenche chez moi des fous rires impossibles. Heureusement que j'étais allée seule en salle, et que je n'ai foutu la honte à aucun de mes potes.






Des acteurs mal dirigés



Chris Pratt, d'emblée, n'est pas crédible dans le rôle. En même temps, Chris Pratt dans le registre de l'émotion, c'est comme imaginer Jean-Claude Van Damme dans un film de Ken Loach : c'est dur.

Vu que la première partie du film ne tient que sur un acteur, et qu'il est mauvais, le film se casse vite la gueule.

Jennifer Lawrence est meilleure que lui, bien sûr, mais on se demande un peu ce qu'elle est venue faire dans cette galère intergalactique. 
Elle ne sauve pas Passengers du naufrage.

Je n'ose pas parler de Laurence Fishburne, Morpheus de Matrix, qui n'a même pas le bon goût de nous dire que tout ceci n'est qu'un rêve.


Laurence Fishburne dans Passengers
Laurence Fishburne dans Passengers

Il faut dire que les acteurs sont particulièrement mal dirigés, et que la mise en scène est navrante. Quelle horreur de la part de Morten Tyldum, aux manettes de la réalisation, plutôt bonne, de Imitation Game. Ça sent le film de commande...  Il n'empêche que l'ensemble est très mal filmé, avec des gros plans grotesques, notamment sur le visage de Chris Pratt en tenue de cosmonaute...


Une recette hollywoodienne


Voilà les recettes de Hollywood : prenez deux acteurs en vogue, appelés "bankable" (terme ô combien détestable pour les artistes) enfermez-les dans un vaisseau spatial et écrivez un scénario de trois lignes. Vous verrez toujours des milliers de midinettes pour se presser dans les salles de cinéma. 





La fin est d'une sottise confondante, digne d'une bluette de Noël diffusée sur M6. On pouffe devant tant de ridicule. Hollywood n'est pas à une incohérence près, bien sûr, mais de là à imaginer qu'un vaisseau spatial est construit comme un hôtel trois étoiles quand ses 5000 passagers sont censés dormir 120 ans, même un enfant de six ans y verrait un truc louche.

Passengers est l'un de ces films nuls mais sympathique, que l'on regarde en mangeant du pop-corn pour rigoler entre copains. Si l'on considère Passengers comme un nanar, on s'amuse bien.

Si voulez voir une rom-com avec Jennifer Lawrence et Chris Pratt qui font mumuse dans l'espace, Passengers est fait pour vous. Pour les autres, allez voir un bon film.



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