mardi 4 avril 2017

BABY BOSS : UN BÉBÉ QUI A DU CHIEN






Par Sirius




Salut à tous, me revoici. Je suis le chien de Marla, Sirius.


Marla m'a emmené voir Baby Boss pour que je le chronique. L'ouvreuse, bien sûr, était un peu surprise, mais elle m'a laissé passer au prétexte que j'étais troooooop mignon.


L'ouvreuse extatique
L'ouvreuse extatique

C'est tout l'enjeu de Baby Boss.



Certains l'aiment chiot


Si vous me demandez, je vous le dis tout net : il vaut mieux avoir un chiot à la maison qu'un bébé. Ça coûte moins cher, ça ne vous réveille pas la nuit, ça pisse dehors plutôt que sur soi, et c'est aussi efficace pour draguer les filles.


Alors pourquoi s'embêter ?


Parce que vous les bipèdes, vous êtes comme nous les chiens : vous voulez vos propres petits. C'est le  cas des parents de Tim. Non contents d'avoir un charmant garçonnet à la maison, ils en font un deuxième.



Baby Boss est trop adulte pour être honnête
Baby Boss est trop adulte pour être honnête


Le bébé businessman du film m'a rappelé Emmanuel Macron dans la parodie des Guignols.




Emmanuel Macron en bébé banquier dans Les Guignols
Emmanuel Macron en bébé banquier dans Les Guignols



A peine né, il est déjà très au fait de la logique de l'entreprise.

Baby Boss travaille pour Babycorp qui, comme chacun sait, envoie les bébés aux familles. Oubliez tout de suite les cigognes et autres âneries.

Seulement, il y a un os : Babycorp a un concurrent, Toutouco. Sur le marché familial, il n'y a pas assez d'amour pour tout le monde : les chiens envahissent le cœur des familles, et ça laisse moins de place pour les marmots. Résultat : Toutouco est une véritable menace pour Babycorp. 




Baby Boss en pleine présentation Powerpoint
Baby Boss en pleine présentation Powerpoint


Vous avez remarqué comme de nombreux bipèdes déclarent : "Oh, les chiens, c'est mignon quand c'est petit, mais après..."

Et si les chiots ne grandissaient plus ? S'ils restaient toujours joueurs, câlins, adorables, plutôt que de grandir, bouffer comme quatre et coûter une fortune en vétérinaire ? Rien à dire, l'idée de Toutouco est révolutionnaire : créer un chiot qui reste chiot.




Le chiot éternel de Toutouco dans Baby Boss
Le chiot éternel de Toutouco dans Baby Boss


Vous allez adorer ce tandem garçon / bébé qui s'allient envers et contre toutous pour empêcher que l'amour donné aux bébés ne soit un jour réservé à mes frères à quatre pattes.


Coucou Pixar !


Si le film parle de 
molosses concurrents - Babycorp et Toutouco - Dreamworks a pour une fois des tendresses pour son voisin Pixar. Plutôt que de s'en détacher avec arrogance, le réalisateur Tom McGrath y fait maintes références. Le téléphone de Baby Boss, par exemple, est directement piqué à Toy Story 3.



Le téléphone parlant dans Toy Story 3
Le téléphone parlant dans Toy Story 3


Surtout, l'obsession de Woody d'être remplacé par Buzz est maintenant ressentie par Tim, qui redoute l'arrivée d'un petit frère, comme tant de mômes de son âge. 



Tim et Baby Boss
Tim et Baby Boss


Le gag de la ba-balle lancée aux chiots pour détourner leur attention est aussi chipée à Pixar, cette fois dans Là-haut, où mes cousins canins en prennent pour leur grade.



Le chien Dug dans Là-Haut de Pixar (2009)
Le chien Dug dans Là-Haut de Pixar (2009)


Dans Baby Boss, les bébés se font tailler un costard dans tous les sens du terme. Les parents aussi : ce sont eux qui laissent leur enfant devenir le patron de la maison.




Baby Boss est le patron de la famille dans le dernier film de Dreamworks
Baby Boss est le patron de la famille dans le dernier film de Dreamworks

Critique savoureuse du capitalisme et de l'enfant roi



Au-delà de l'amusement que procure Baby Boss, il offre une réflexion sur l'argent, la réussite et la famille. Sous ses airs de divertissement familial, le film d'animation propose une critique assez fine du capitalisme. 


Même si l'on n'atteint pas le génie de Shrek, Dreamworks retrouve dans Baby Boss des gags savoureux à double lecture, pour que les vieux cabots comme les jeunes chiots y trouvent leur compte.

Assez joli visuellement, même si les couleurs criardes de certaines scènes peuvent lasser, Baby Boss fait aussi de nombreux clins d'œil au cinéma à suspense (quelques plans façon Hitchcock) et d'horreur (Shining et L'Exorciste en tête).

Étrange que Baby Boss ait été accueilli si fraîchement par la critique, en France comme dans les pays anglo-saxons (la note de 6.1 sur IMDB est décevante.)

Réaliser un film tout public qui dit que l'argent, comme l'amour, existe en quantité et qu'il y en a pour tous, c'est quand même très fort. Il faut profiter des vacances pour aller voir Baby Boss, savoureuse critique du capitalisme et de l'enfant roi.




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