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vendredi 17 novembre 2017

MARYLINE : LE RÔLE DE SA VIE






Amoureuse de Guillaume Gallienne depuis Guillaume et les garçons, à table ! je suis ravie de défendre aujourd'hui son nouveau film, Maryline, sur une jeune femme courageuse qui rêve de devenir comédienne.






Nota : Je laisse à penser, pendant l'émission, que Eperdument est le 2ème film de Guillaume Gallienne. Pas du tout. Le réalisateur s'appelle Pierre Godeau. Quant à Gallienne en tant qu'acteur de cinéma, il a démarré en... 1992.

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jeudi 16 novembre 2017

CANNES 2017 - LE MUSÉE DES MERVEILLES (WONDERSTRUCK) : LES LUMIÈRES DE LA VILLE




J'attendais beaucoup du Musée des merveilles. Son titre me faisait rêver, son affiche aussi.








Todd Haynes promet, avec Wondetstruck (littéralement "frappé par l'émerveillement") de la magie, et une certaine idée du temps.

Ben, 12 ans dans les années 70, perd à la fois sa mère et son ouïe un soir d'orage. Il part en quête de son père, qu'il ne connaît pas, à travers New York.

Dans les années 20, une petite fille, Rose, elle aussi sourde, arpente les rues de la ville à la recherche d'une actrice adulée.



Un joli film qui ne raconte pas grand-chose


Passant d'une époque à l'autre, du noir et blanc à la couleur, Le Musée des merveilles fait constamment des bonds dans le temps, un vague symbole liant les deux époques, les deux parcours, chaque fois. Les transitions sont maladroites, et ce va-et-vient fatigue.

Que dire d'autre ? Guère plus. Todd Haynes a toujours un grand sens de l'esthétique, mais après le magnifique Carol, Le Musée des merveilles, malgré sa recherche dans la reconstitution et les décors, semble bien fade. L'amitié entre Ben et Jamie, petit garçon rencontré au musée, tourne court.




Ben (Oakes Fegley) et Jamie (Jaden Michael) dans Le Musée des merveilles, de Todd Haynes (2017)
Ben (Oakes Fegley) et Jamie (Jaden Michael) dans Le Musée des merveilles, de Todd Haynes (2017)

On a la sensation, devant Le Musée des merveilles, que Todd Haynes a réalisé un joli film qui ne raconte pas grand-chose. C'est fort dommage, car la réalisation est soignée. Les plans en contre-plongée sur les immeubles new-yorkais rendent parfaitement le voyage à hauteur d'enfant. On reconnaît vite l'auteur d'Hugo Cabret, son univers et sa vision de l'enfance.


Haynes aurait peut-être dû choisir entre l'hommage au cinéma muet - notamment l'expressionnisme allemand façon Fritz Lang - et la nostalgie des années 70 et sa BO pêchue.
On ne sait pas trop sur quel pied danser (presque au sens littéral) devant Le Musée des merveilles, même si l'histoire se suit sans effort.
De la surdité, Todd Haynes ne tire pas grand-chose, quand Naomi Kawase nous offrait dans Vers la lumière (également sélectionné à Cannes) une réflexion brillante sur la cécité.
À part le pari esthétique largement remporté, Todd Haynes se perd dans un film ennuyeux, qui manque d'enjeu et de rythme. C'est pourtant  un plaisir de découvrir les jeunes acteurs Oakes Fegley, Millicent Simmonds et Jaden Michael, et de revoir Julianne Moore à l'écran.


Un scénario trop mince


La fin du film se noie aussi en explications. Étonnamment, on ne s'attache pas assez au personnage de Ben pour le suivre jusqu'au bout dans sa quête du père, qui était aussi le thème d'Hugo Cabret. Mais quand Scorsese rendait un hommage éclatant au cinéma des origines, en présentant un Georges Melies passionnant, Todd Haynes a du mal à réaliser un film à partir d'un scénario aussi mince que celui du Musée des merveilles



Hugo (Asa Butterfield) et Isabella (Chloe Grace Moretz) dans Hugo Cabret, de Martin Scorsese (2011)
Hugo (Asa Butterfield) et Isabella (Chloe Grace Moretz) dans Hugo Cabret, de Martin Scorsese (2011)


La nostalgie de l'enfance ne suffit pas. Une reconstitution, aussi réussie soit-elle, n'est rien sans un bon scénario. L'ensemble, hélas, est mal construit, quand ces deux destins d'enfants devraient se répondre et s'éclairer l'un l'autre.

Le Musée des merveilles et une déception du festival de Cannes 2017. Il n'y a plus qu'à attendre le prochain film de Todd Haynes, et s'émerveiller pour de vrai.



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dimanche 12 novembre 2017

JALOUSE, AVEC KARIN VIARD : TOUT FOUT LE CAMP






Vous avez forcément rencontré des Nathalie. De ces femmes pas encore vieilles qui vous détestent d'avance, parce que vous êtes jeune, belle, talentueuse, ou que vous avez l'air trop heureuse pour être honnête.

Oui, parce que le bonheur est suspect. S'il nous manque, on ne le supporte plus chez les autres.

Nathalie est une femme comme vous. Elle n'est pas une mauvaise femme, mais vous comprenez, sa fille est divine. Une danseuse impossible à la modestie remarquable. Et elle est... la mère. La ringarde, la chieuse qui lui demande pourquoi elle rentre tard.

Dans un cliché maintes fois vu dans les films et le réel, son mari l'a quittée pour une autre, plus jeune, bien sûr, et plus sotte, semble-t-il.

Qui me dit qu'à 40 ans, je ne regarderai pas de travers les jeunes filles que j'aime tant aujourd'hui ? Qui me dit que je n'irai pas faire de coup de pute à l'homme qui m'a trahie, juste pour refroidir un temps sa joie imméritée ?


"Je vais prendre mon aigreur, ma tristesse et ma rancune, et toutes les quatre on va aller se coucher. "

La réplique culte de Valérie Benguigui dans Le Prénom me revenait en mémoire à mesure que je regardais le visage de Nathalie se composer - car elle est bourgeoise et qu'il faut bien faire bonne figure - puis se décomposer quand son ex lui annonce qu'il part avec sa nouvelle cruche aux Maldives.

La cruche ne l'est pas tant, elle possède cette sagesse des choses humaines que la Normalienne ne saisit pas.

De la belle danseuse à la vieille dame de la piscine, du bel homme qui la courtise (car elle est encore belle dans sa quarantaine complexée) à l'ami de sa fille, si amoureux qu'il faut lui lancer des piques pour que cela dégonfle, Nathalie emmerde tout le monde. On la comprend et on lui en veut. On l'aime dans sa faiblesse, dans ces airs qu'elle se donne face à une autre majestueuse rencontrée au boulot.






Jalouse des frères Foenkinos vous dit, comme Le Complexe du Castor de Jodie Foster, que vous avez le droit d'aller mal. D'avoir 40 ans et ne plus vous sentir désirée ; d'avoir besoin de détester un peu quand vous voudriez que l'on vous aime beaucoup. 

Oui, Jalouse dit tout cela, malgré sa bande-annonce qui ne paye pas de mine, et que je vous déconseille, bien sûr, de regarder. Il faut aller en salle l'esprit libre.

N'attendez pas la télévision pour rencontrer la Nathalie qui vous fera pardonner à toutes les autres. Plongez-vous dans le noir pour rire à sa mauvaise foi et pleurer devant ses grands yeux tristes.

Car elle est comme vous, comme moi. Elle aime infiniment mais ne l'admettra jamais.



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DAVID FOENKINOS NOUS PARLE DE SON FILM "JALOUSE"

   


samedi 11 novembre 2017

L'EXPÉRIENCE INTERDITE - FLATLINERS (2017) : JE SAUTE ET JE REVIENS






On ne compte plus les films américains qui nous mettent en scène un traumatisme à la con en introduction, pour expliquer les faits et gestes du héros ou de l'héroïne. L'Expérience interdite (Flatliners) n'échappe pas à la règle. Un topos dont on se passerait bien.

Courtney a perdu sa petite soeur dans un accident de voiture. Une fois étudiante en médecine, elle entraînera ses potes dans une "expérience interdite" histoire d'aller voir ce qui se passe après la mort.


Il s'agit d'être cliniquement mort pendant quelques minutes pour vérifier si l'on voit une lumière blanche, sa grand-mère disparue, une pizza au chèvre.

Et de revenir tout de suite après. Oui, parce qu'on va pas mourir pour de vrai, quand même. Pendant tout le film, j'ai gardé en tête la réplique culte de Didier Bourdon dans Les Trois frères. Alors qu'il menace de se jeter d'une falaise, il déclare, pour rassurer le petit garçon qui accompagne les trois compères: 

"Je saute et je reviens."




Encéphalogramme plat



La bande à Courtney se retrouve donc baptisée "The flatliners", c'est à dire qu'ils font joujou avec l'encéphalogramme : ils attendent qu'il soit plat ("a flat line", en anglais) pendant les minutes décisives où leur pote fera mumuse dans l'au-delà.





Ça vous paraît mauvais ? Ça l'est.

Courtney, à l'évidence, cherche à revoir sa soeur dans cet instant unique pour trouver sa rédemption. Cette lourdeur psychologique plombe le personnage d'Ellen Page, actrice par ailleurs éminemment sympathique.


La version de 1990 de L'Expérience interdite - Flatliners me plaisait plus jeune parce que j'ai pris en affection cette bande d'acteurs dont chacun des membres est devenu célèbre.
Vous reconnaîtrez peut-être Oliver Platt, William Baldwin, Kevin Bacon, Kieffer Sutherland, et une certaine Julia Roberts, casting de L'Expérience interdite - Flatliners, de Joel Schumacher (1990)
Vous reconnaîtrez peut-être Oliver Platt, William Baldwin, Kevin Bacon, Kiefer Sutherland, et une certaine Julia Roberts, casting de L'Expérience interdite - Flatliners, de Joel Schumacher (1990)

Pour la petite histoire, Kiefer Sutherland joue, dans la version 2017, un grand médecin qui forme la jeunesse. On peut de demander comment il a atterri dans cette galère, après son succès indéniable au cinéma et dans la série télévisée 24 Heures chrono.



Kieffer Sutherland remet du couvert dans Flatliners en 2017 (Niels Arden Oplev)
Kiefer Sutherland remet le couvert dans Flatliners en 2017 (Niels Arden Oplev)



On y perd par rapport à 1990


A propos d'acteurs, la version 2017 est mal jouée, on y perd par rapport à 1990. Même Ellen Page est mal dirigée.

Surtout, quand Julia Roberts et Kiefer Sutherland nous faisaient croire à une véritable fascination pour l'après-vie (nul besoin de traumatisme bateau), la bande de 2017 donne juste l'impression d'une troupe de gamins qui joue avec la mort et trouve ça fun.



La bande d'étudiants en médecine dans Flatliners en 2017
La bande d'étudiants en médecine dans Flatliners en 2017


On retrouve hélas chez Niels Arden Oplev (par ailleurs réalisateur d'un épisode de l'excellent Mister Robot et du pilote de Midnight, Texas) les clichés habituels : la gentille, l'arrogant, la sexy (Nina Dobrev, pas vraiment en progrès depuis Vampire Diaries) le bon élève, l'introvertie, et blabla.

L'introvertie a d'ailleurs des scrupules qui gâchent le rythme et même la morale du film. Dans la première version, tout le monde était d'accord, donc responsable.



Un remake déprimant


Dans ce remake (il est assez déprimant de faire un remake d'un film de Joel Schumacher, mais passons) les personnages sont trop sommaires pour qu'on s'y attache.

La réalisation ne sauve pas l'ensemble : les trucages sont proches de la série B.

L'expérience donne à Courtney des sortes de superpouvoirs de la mémoire, et du coup, tous veulent essayer.
Y en a même une qui saura résoudre un Rubik's cube en 10 secondes. La classe.






Les deux versions de Flatliners jouent sur la culpabilité de chacun, mais la deuxième version frôle le ridicule : il suffit d'aller s'excuser, de prendre ses responsabilités, et tout va mieux. Les deux opus gardent aussi cette morale détestable et très américaine, celle de la loi du Talion - une vie pour une vie. 

Ras le bol.

La fin du film de 2017 atteint aussi le sommet du ridicule.


Espérons voir Ellen Page dans un meilleur film prochainement, et Niels Arden Oplev aux commandes d'un meilleur projet.

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vendredi 10 novembre 2017

JIGSAW : SANG POUR SANG GORE






          

Par Henry Quirici


Chapitre final ?


10 ans après la mort de John Kramer alias le "tueur au puzzle", de nouveaux meurtres semblant en lien direct avec l'affaire ressurgissent. Ils laissent croire qu'un successeur, ou Kramer lui-même - revenu d'entre les morts ? - perpétue la tradition. Les détectives Halloran (Callum Keith Rennie) et Hunt (Clé Bennett) mènent l'enquête... Cinq nouvelles victimes, Anna (Laura Vandervoort), Ryan (Paul Braunstein), Mitch (Mandela Van Peebles), Carly (Brittany Allen), et un inconnu, se réveillent dans une chambre piégée. Leur calvaire commence...


En guise de citrouille, Halloween aura offert cette année aux spectateurs un pantin à tricycle... sauf que celui-ci, on ne l'attendait plus ! La sortie post mortem d'un épisode succédant à Saw 3D, un "chapitre final" vieux de 7 ans se justifiait-elle réellement ?



Dans "Chapitre final", c'est quoi que vous n'avez pas compris ?
Dans "Chapitre final", c'est quoi que vous avez pas compris ?


Au vu de l'épisode en question, nous pouvons clairement répondre "non". Son scénario ne fait que confirmer le hiatus et le gros paradoxe qui pèse sur la (soi-disante) nature de "fin de chapitre" de Saw 3D. La saga Saw, non exempte de qualités, se repose sur un mercantilisme évident.


Gore tout-puissant


Rappel des (mé)faits : le 1er Saw était une petite production indépendante, au budget de misère, initialement vouée au Direct-to-Video. Fort de quelques projections-tests positives, le film eut finalement les honneurs d'une sortie en salles dans le monde entier.




La marionnette de John Kramer dans Saw, premier volet de la franchise de James Wan et Leigh Whannell (2004)
La marionnette de John Kramer dans Saw, premier volet de la franchise de James Wan et Leigh Whannell (2004)

Son succès sans précédent permit d'y consacrer une trilogie devenant de plus en plus glauque. Les volets 2 et 3 inversèrent le processus : le thriller psychologique à considérations existentielles du 1er volet, où le gore n'était qu'une conséquence, devenait cette fois le prétexte de films sensationnalistes. Toutefois, ce 1er cycle était cohérent narrativement parlant.

La mort de John Kramer dans un 3e opus éprouvant (en France, l'un des rares films interdit aux moins de 18 ans à ne pas être pornographique) devait amener à la fin du cycle, et de la saga.


Les Feux de l'amour version gore

Malgré le départ de James Wan et Leigh Whannell, créateurs de la trilogie initiale, la production ne voulut pas laisser tomber une si juteuse entreprise, et poursuivit les expérimentations du "tueur au puzzle" au-delà de sa mort... parfois au détriment de toute cohérence.



Leigh Whannell et James Wan, créateurs de la saga Saw (et d'Insidious)

Les studios ont bien compris le fort potentiel des créations diaboliques de John Kramer, l'imagerie et les situations délirantes que cela permettait d'engendrer. Aussi, les épisodes 4 à 7 ne cessèrent de repousser certaines limites dans l'inventivité et le gore jouissif. Quid de la mort de John Kramer ?  On lui inventa des disciples (sortis d'on ne sait où) dans tous les coins de rues, perpétuant son oeuvre... Les pièges de Jigsaw autrefois conçus à échelle humaine devenaient de plus en plus élaborés et dépassèrent largement les capacités d'un seul homme, avec comme corollaire une violence de plus en plus surréaliste...


Tobin Bell, interprète de John Kramer, le premier "tueur au puzzle" de la saga Saw
Tobin Bell, interprète de John Kramer, le premier "tueur au puzzle" de la saga Saw

Des fils d'intrigue absents des précédents volets furent mis en place pour la circonstance, entamant la cohérence de l'univers... Chaque épisode dépendait davantage du précédent. Les personnages devenaient plus antipathiques, certains changeant même de caractérisation, des "morts" revenaient à la vie, dans une série de coups de théâtre de plus en plus excessifs... La saga Saw était devenue en quelque sorte un Feux de l'amour au pays du gore.


Rien que la chronologie des morts de la saga est un casse-tête...


Une inventivité permanente


Malgré ce capharnaüm, on pouvait se délecter de l'inventivité des décors, des pièges, et des péripéties, de l'efficacité de séquences au suspense insoutenables (ouverture de Saw 6, fosse à seringues de Saw 2). Leur nature brute renvoie sur bien des points au cinéma des années 70. Quoi que l'on pense de la saga, difficile de ne pas saluer sa prise de risque 
hardcore, dans un cinéma mainstream plus formaté.

Toutefois, les critiques à l'égard de la saga furent sans appel : taxés de torture porn par certains, les films (en dehors du 1er), malgré leurs succès, seront descendus en flèche, jusqu'à embarrasser bien des salles de cinéma.

On peut y voir un procès d'intention un peu injuste, puisque chaque épisode a bénéficié de scénarios à la logique implacable, certes dans l'esbroufe, mais malins en diable et imprévisibles. Ainsi que d'un propos, si vaseux soit-il.

Les décisions du tueur au puzzle sont toujours motivées par une portée philosophique : la mort pour apprendre la vraie valeur de la vie et faire ressortir le meilleur de soi-même... Argument certes tiré par les cheveux (surtout dans un tel contexte !) mais qui permettra de soulever des thématiques intéressantes, comme la disproportion entre crime et châtiment, et même des critiques sociétales bien senties (corruption dans le milieu des assureurs dans Saw 6 par exemple). Là se trouve ce que les critiques n'ont pas pardonné à la saga : avoir "légitimé"cette violence au nom du sacro-saint code moral.



Un retour aux sources


Alors... qu'apporte 
Jigsaw au reste de la franchise ?

Peu de choses... Il adopte la même structure narrative "en parallèle" héritée des autres épisodes (jeux sadiques vs enquête policière), un premier degré effarant (pas une once d'humour ou presque), et son lot de mystères que les spectateurs se doivent de résoudre à mesure que l'enquête avance.



Les détectives Halloran (Callum Keith Rennie) et Hunt (Clé Bennett) dans Jigsaw, réalisé par Peter et Michael Spierig (2017)
Les détectives Halloran (Callum Keith Rennie) et Hunt (Clé Bennett) dans Jigsaw, réalisé par Peter et Michael Spierig (2017)

Dans cet épisode, il s'agit - comme dans les précédents - de découvrir qui est à l'origine des meurtres, et de quoi les potentielles "victimes" sont coupables aux yeux de leur geôlier. Dans les derniers épisodes, nous savions rapidement quels crimes avaient commis les "joueurs", pas ici. En ce sens, l'épisode se rapproche des tous premiers volets.



Carly (Brittany Allen) dans Jigsaw
Carly (Brittany Allen) dans Jigsaw

Après 7 épisodes ayant exploré toutes les possibilités d'un pitch devenu racoleur, il était impossible de faire preuve de réelle nouveauté. Peter et Michael Spierig ont compris que la surenchère dans le sensationnalisme était vouée à l'échec. De ce fait, Jigsaw prend des allures de redite (ce qui pourra en décevoir certains), mais ici pour la bonne cause ! 


Les réalisateurs ont opté pour une approche plus sobre, tout en restant dans le ton de la saga. Jigsaw est un compromis entre le suspense du 1er (l'épisode est un peu moins sanglant que les dernières histoires, les pièges moins tape-à-l'oeil, à l'exception d'un) tout en gardant une certaine grandiloquence propre à la série...




La prouesse est d'avoir gardé ce premier degré caractéristique de la saga. Ceux qui chercheront le "toujours plus" en seront par contre un peu pour leurs frais.


Une forme plus léchée

Là où l'opus s'écarte des précédents, c'est dans la forme. Jigsaw est le premier opus à avoir une réalisation plus léchée : format cinémascope, photographie soignée, caméra plus posée... loin des effets épileptiques et de l'image granuleuse des précédents. Ce parti-pris reste louable, même s'il dessert
 un peu l'ambiance. Reste que l'univers malsain de la série est préservé.


Carly (Brittany Allen) dans Jigsaw
Anna (Laura Vandervoort) dans Jigsaw

L'histoire est le point fort de cet opus : poussive mais bien construite, et disposant d'un twist qui laissera beaucoup de monde pantois (même si reprenant l'idée d'au moins un épisode). On est dans la lignée des scénarios très écrits, assumés dans leur outrance, qui font le charme de la saga.

Jigsaw fonctionne assez bien indépendamment du reste de la série : la majorité des personnages sont de "nouvelles têtes", il y a peu de références aux anciens chapitres (ce que regretteront certains fans mais nous évite des scénarios à tiroirs).


Mitch (Mandela Van Peebles) et Carly (Brittany Allen) dans Jigsaw
Mitch (Mandela Van Peebles) et Carly (Brittany Allen) dans Jigsaw


Une interprétation inégale

Si certains acteurs de Jigsaw en font trop (Paul Braunstein se caricature parfois en grande gueule), ou pas assez (Matt Passmore, dans le rôle du Dr. Logan, est en sous-jeu régulier), d'autres sont excellents. Mention pour la ravissante Laura Vandervoort (Supergirl, V...) campant l'une des prisonnières au lourd secret. Du côté des personnes en charge de l'enquête, Callum Keith Rennie interprète très bien Halloran, personnage arrogant et difficile à cerner. Hannah Emily Anderson en singulière médecin-légiste reste l'un des atouts du film, d'autant que le traitement de son personnage est étonnant.


Matt Passmore (Logan) dans Jigsaw
Matt Passmore (Logan) dans Jigsaw



Toutefois, aucun d'eux ne peut faire oublier les Betsy Russel, Costas Mandylor, Scott Patterson et autres Shawnee Smith. Ils n'était pas forcément les meilleur.e.s comédien.nes du monde, mais avaient des gueules qui imprimaient la rétine. Cela est rattrapé par une caractérisation tout à fait intéressante des personnages. Dans Jigsaw, les masques tombent avec un grand effet.


Une conclusion méritoire

Jigsaw n'est pas le meilleur épisode de la série et souffre d'un parfum de "déjà-vu". Mais il reste une proposition intéressante et un film en tout point respectueux de la saga, loin des "suites de trop" qui pullulent tant au cinéma. Le tour de force est d'autant plus remarquable qu'il partait avec 2 handicaps de taille : un retour tardif (7 ans) et succéder à un épisode défini comme "épisode de clôture".



Good morning, I wanna play a game!
Hello, I want to play a game!


Toutefois, Jigsaw ne fera pas changer d'avis ceux et celles qui pensent ce genre de cinéma indéfendable resteront sur leur position. Les autres apprécieront de se retrouver en terrain connu, avec un scénario malin et un twist une fois de plus très intelligent. Les amateurs pourront regretter un frein sur le plan gore, mais les fans qui trouvent que la franchise était depuis quelques épisodes tombée dans la complaisance facile l'apprécieront.

Pour public averti !





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